Dans notre post du 5 février dernier nous vous présentions le package ArcGIS Indoor et le rendu en utilisant simplement les jeux de données prêtés par Esri. Cette semaine nous vous présentons les résultats avec des données qu’un partenaire a généreusement partagées avec nous. Le but était de mettre à l’essai les tâches et les outils du paquet sur des données réelles, c’est-à-dire non préparées par Esri.

Les résultats en vidéo

Les deux vidéos ci-dessous présentent et résument nos essais. Si vous êtes intéressés par la partie plus technique du comment arrive t-on à ces résultats, vous pouvez lire la suite!

 

Cas 1. Les plans CAD sont déjà au format SIG

Notre partenaire nous a envoyé un jeu de données contenant des plans originellement au format Autocad, transformés au format géodatabase. Nous n’avons donc pas testé les deux premières tâches « create campus basemap », et « create building interiors ».

Pour utiliser les outils du paquet il a tout de même été nécessaire d’adapter les données, notamment pour dessiner les transitions entre les étages et calculer ce qu’Esri appelle les « lattices ». Les lattices sont une grille, ou un maillage qui est calculé à l’intérieur du bâtiment et qui servira pour faire du calcul de trajectoires entre bâtiment ou à l’intérieur du bâtiment. Nous y reviendrons plus tard, mais en attendant, pour une démo live je vous propose d’utiliser la web app du campus de Redlands. Cette application vous donnera une vue globale de ce qu’il est possible de faire avec le paquet ArcGIS Indoor (au cas où vous ne seriez toujours pas convaincus).

Les plans fournis sont très complets, le détail des cloisons et des murs va jusqu’aux menuiseries, en passant par le détail des portes de placards pour le mobilier encastré, les sanitaires, et les escaliers.

   

Une fois les plans chargés dans ArcGIS Pro, nous avons centré notre travail sur la tâche n°3 « create campus map and scene », qui contient toutes les informations pour extruder correctement et les plans au sol de notre bâtiment et éventuellement préparer les couches à une publication 3D sur ArcGIS Online ou dans une scène 3D.

Remarque importante : Pour les couches détaillées ci-dessous, il faut que toutes aient la valeur Z activée et qu’elles soient visualisées à leur élévation de base, par étage. Si ce n’est pas le cas, allez dans les propriétés de la couche et activez l’option.

a) Les murs et les portes

Pour toutes les lignes de votre bâtiment il faut s’assurer que les attributs suivants existent et sont correctement remplis pour toutes les lignes de votre couche :

  • Un ID par étage (une concaténation du bâtiment et de l’étage : B54, Biblio54 etc.)
  • L’ID de votre bâtiment (typiquement un nom ou un numéro)
  • Le numéro ou nom des étages (RDC, -1, 3 etc.)
  • Le détail des lignes (porte, pilier, mur porteur, mur coupe-feu etc.)
  • L’élévation de base (la hauteur de vos lignes au-dessus du sol)
  • L’ordre vertical (sous-sol=-1, RDC=0, Niveau 1= 1 etc…). Ce champ est utile pour faire fonctionner l’outil « Range slider » et faire apparaître le détail des étages un par un par exemple.

Symbologie

Tout simplement choisir un symbole pour chaque ligne si besoin. Dépendant du produit final, les murs peuvent apparaître en gris et les portes en marron. Si certains murs sont faits de parois vitrées vous pouvez jouer avec la transparence, ou une règle procédurale. Si vous êtes dans la sécurité incendie, vous pouvez choisir une symbologie qui fera apparaître les murs coupe-feu et les portes coupe-feu dans une couleur très visible, et ainsi de suite.

Extruder les lignes

Dans un premier temps il faut convertir votre carte 2D en scène 3D. Cela se fait dans l’onglet « Vue » de votre menu.

Une fois dans votre scène 3D, pour extruder les lignes il suffit de cliquer sur l’onglet « Apparence » dans le menu de votre projet et d’utiliser l’option « extrusion ». Pour permettre de voir à l’intérieur du bâtiment il faut choisir l’option « Hauteur minimum » et la mettre à 1m.

Pour un meilleur rendu, il est conseillé d’ajouter un offset (dans les propriétés de la couche, dans l’onglet « Elévation », pour que les données soient légèrement surélevées du sol.

b) Les espaces intérieurs

Comme pour les lignes (étape précédentes), assurez-vous que ces champs sont dans votre table attributaire :

  • Un ID par type d’espace (Utile si vous avez tout un campus à gérer. L’idée est d’avoir un ID global par type d’espace qui servira à faire une symbologie commune à tous vos bâtiments. Le paquet à un outil qui vous permet de créer un champ GlobalID).
  • Un ID par étage (une concaténation du bâtiment et de l’étage : B54, Biblio54 etc.)
  • L’ID de votre bâtiment (typiquement un nom ou un numéro)
  • Le numéro ou nom des étages (RDC, -1, 3 etc.)
  • Le nom complet des espaces (ce champ n’est obligatoire que si vous souhaitez exporter vos bâtiments, créer votre locator et un cheminement entre espaces et bâtiments)
  • Le type d’espace (cuisine, sanitaires, bureaux, salle de conférences etc.)
  • L’élévation de base (la hauteur de vos lignes au-dessus du sol)
  • L’ordre vertical (sous-sol=-1, RDC=0, Niveau 1= 1 etc…).

Symbologie

Comme précédemment, il vous suffit de choisir une symbologie par type d’espace qui correspond soit à un choix personnel, soit à une charte graphique.

Ici encore, pour un meilleur rendu, il est conseillé d’ajouter un offset pour que les polygones soient légèrement surélevés du sol.

c) Les points des espaces intérieurs

A partir des polygones de vos espaces il est possible de créer une couche de points. Ces points serviront si vous souhaitez calculer le réseau de votre bâtiment et d’un campus. Ils serviront aussi d’adresse pour la création de votre locator. L’outil est disponible dans le paquet ArcGIS Indoor. Il suffit de l’ajouter à votre boîte à outil dans votre projet.

d) Représentation en fil de fer et la façade

En plus des outils, viennent aussi deux règles procédurales issues de CityEngine : le « wireframe » ou fil de fer, et la façade texturée. Pour notre bâtiment nous n’avons utilisé que le wireframe.

Pour que la règle fonctionne, la couche de l’empreinte au sol de votre bâtiment doit absolument avoir une hauteur totale, et un nombre d’étage. Si ces champs n’existent pas vous devrez les ajouter.

La règle s’ajoute simplement à la symbologie.

   

e) Les « lattices » et les transitions entre étages

La quatrième tâche « Create Campus Network » vous permet de dessiner les transitions entre les étages, les points d’entrées des bâtiments, les connections entre les chemins intérieurs et extérieurs, et de publier un service de routing sur un serveur ou dans portal pour pouvoir l’utiliser dans une application. Nous ne sommes pas allés si loin dans cette tâche, mais nous avons créé le maillage dans un bâtiment et les transitions.

Pour cette tâche vous aurez besoin d’avoir calculé au préalable les points des espaces intérieurs (voir plus haut), et de vérifier que vous avez ces couches :

  • Empreinte au sol du bâtiment (polygone)
  • Les étages (polygones pleins, il faut une surface sans trous sinon le script ne fonctionne pas)
  • Les espaces intérieurs (polygone)
  • Les lignes
  • Les points

Pour chacune de ces couches, vérifiez ensuite que ces champs sont cohérents (même format) et remplis avec consistance :

  • ID du bâtiment = champ texte
  • ID des étages = champ texte

Le polygone de votre bâtiment (empreinte au sol) doit avoir un champ « Rotation », et le polygone de vos espaces intérieurs doit un avoir un champ « Ordre Vertical » qui est un integer).

Pour la taille de lattice, le modèle Esri recommande 0.45m comme point de départ. Il est possible de changer.

Remarque : nous n’avons trouvez aucune information sur la taille des lattices ni à quoi elle correspond. Idem pour la rotation du bâtiment par rapport au Nord. Il n’est expliqué nulle part à quoi sert ce champ exactement. Mais s’il n’y est pas l’outil ne peut pas être utilisé, et si la rotation est erronée, le script vous renverra une erreur.

 

Une fois que le maillage est prêt vous pouvez ajouter vos transitions (escaliers et ascenseurs). Les transitions doivent utiliser les lattices. Si vous avez les escaliers dessinés sur votre plan originel, vous n’avez qu’à suivre le détail. Dans notre cas, nous avons simplement suivi le mouvement de la cage d’escalier, étage par étage et nous avons ajouté un Z à chaque vertice. C’est une tâche fastidieuse mais très utile car cela complète la visualisation de votre bâtiment, et c’est une étape nécessaire si vous voulez ajouter un service de calcul de cheminement. D’autre part le modèle proposé par Esri permet d’ajouter des informations importantes en termes d’accessibilité: ascenseur plutôt qu’escalier, accès restreint (besoin d’une carte, d’un code, horaires spéciaux etc.).

 

 

Sources

https://www.arcgis.com/home/item.html?id=06f730e8e3d14365adb119842340e7c7