Cas 2. Vous ne disposez que de plans papiers ou de plans scannés.

La semaine dernière nous avons montré un des points d’entrée possible d’ArcGIS Indoors, des données CAD transformées au format SIG et utilisées pour construire des bâtiments en 3D. Cette semaine nous continuons avec un autre point d’entrée possible : un plan papier scanné.

Les étapes

  1. Numériser le plan
  2. Caler le plan
  3. Numériser les éléments (lignes, volumes, transitions)
  4. Compléter la table attributaire
  5. Passer de la 2D à la 3D

Dans de nombreux cas, les partenaires ou les clients avec lesquels nous travaillons et qui gèrent des bâtiments ou des installations techniques dans ces bâtiments (installations de protection incendie par exemple), ne gèrent pas de données SIG ou très peu. Lorsqu’ils veulent visualiser les plans, ils utilisent les plans papiers.

Dans notre exemple, nous allons vous montrer qu’il est possible d’obtenir un rendu 3D facilement en utilisant les outils et la géodatabase ArcGIS Indoors.

Le résultat

 

Notre exemple : la bibliothèque centrale d’Halifax

1/ Le plan

Nous avons cherché des plans au sol disponibles en ligne, et nous sommes tombés sur les plans par étage de la bibliothèque centrale d’Halifax, en Nouvelle-Ecosse (Canada). Les plans étant déjà scannés et disponibles au format PDF, nous avons seulement ajouté le plan du niveau 1 dans ArcGIS Pro puis nous l’avons géoréférencé. Cette étape a été facile, les géodonnées de la municipalité d’Halifax sont accessibles en open data et ont servi de base au géoréférencement.

Bibliothèque Centrale d’Halifax. Photographie extraite de wikimedia, prise en octobre 2014. auteur Wikipedia user « Citobun », publiée sous numéro de licence CC-BY-SA-3.0.

 

2/ La géodatabase

Dans le fichier ArcGIS Indoors téléchargé nous avons utilisé le modèle de la géodatabase utilisée dans la tâche 2 « Create Building Interiors » (voir le post du 5 février dernier), nous l’avons copiée dans notre projet en cours. Cette géodatabase se compose de 4 éléments (3 polygones, 1 polyligne) :

  • L’empreinte au sol
  • L’empreinte des étages
  • Les lignes (murs, cloisons, portes etc.)
  • Les espaces intérieurs (les espaces qui composent chaque étage : cuisine, sanitaires, bureaux, hall etc.)

 

3/ Créer les éléments et remplir la table attributaire

3.1/ Les lignes

Maintenant que les éléments à créer sont dans votre projet, il suffit de les dessiner en suivant le plan. Nous avons commencé avec les lignes. La table attributaire se compose de 13 champs. Comme vu dans le post précédent, tous les champs ne sont pas obligatoires, mais peuvent le devenir si vous souhaitez créer les « lattices » (voir le post du 19 février) et permettre au public de calculer un cheminement dans le bâtiment, ou si vous avez un campus entier à visualiser.

Dans notre cas, puisqu’il s’agissait de montrer rapidement à un partenaire que la 3D à partir d’un plan papier était possible, nous nous sommes limités à l’ID de l’étage, le type de lignes (portes, cloison, mur extérieur etc), le nom du bâtiment, la source des informations, et l’élévation de base (sachant que le MNT est disponible il est possible de mettre le bâtiment dans un contexte 3D plus réaliste). Vous noterez que la hauteur n’est pas renseignée, nous n’avons pas l’information, mais vous verrez dans la mise en 3D que la hauteur peut être définie plus tard.

Les lignes délimitant les espaces et le bâtiments. En vert apparaissent les murs extérieurs et intérieurs (parois vitrées), les portes sont en bleu, les escaliers en jaune, les détecteurs en rouge et les autres espaces en mauve.

3.2/ Les espaces intérieurs

Une fois les lignes dessinées, nous sommes passés aux espaces intérieurs. Nous avons découpée la surface du niveau 1 en plusieurs espaces d’utilisation : la cafétéria, l’atrium, l’auditorium, les bureaux, les ascenseurs, les cages d’escaliers, les sanitaires etc.

Dans ce cas-ci nous nous sommes limités au type d’espaces et à la hauteur sous plafond, qui est une estimation puisque nous n’avons pas les données réelles, l’atrium devrait être découpé là où l’escalier se situe et l’auditorium devrait être légèrement en pente. L’objectif ici n’était pas d’être totalement réaliste mais de montrer que la géodatabase ArcGIS Indoors accepte sans souci des points d’entrée très variés, et offre un modèle de données que les débutants en gestion de bâtiments ou d’espaces intérieurs peuvent utiliser facilement. Le second objectif ici, était aussi de montrer une simple requête sur la symbologie et que les informations contenues dans la table attributaire étaient accessibles aussi bien pour un usage interne que pour un usage public. Pour les utilisateurs de SIG cet aspect est logique et appartient au sens commun, pour les non-initiés il reste difficile de saisir qu’une géométrie puisse être interrogée et les informations associées filtrées.

 

4/ La scène 3D

Une fois les éléments créés nous avons converti la scène 2D en scène 3D. Pour monter les murs en 3D, nous nous sommes assurés que dans les propriétés l’élévation était activée. Comme nous n’avons pas les hauteurs réelles des murs et cloisons pour ce niveau 1 de la bibliothèque, nous avons mis les éléments au sol, avec un offset de 0,20m. Dans l’onglet « apparence », nous avons choisi une extrusion « hauteur minimum » à 2m.

 

 

Le résultat n’est évidemment pas parfait mais il permet de montrer à des partenaires qu’ils peuvent accéder à des visualisations 3D et ce, quelle que soit leur situation de départ (CAD, SIG, plans papiers etc.).

 

Les sources

http://halifaxcentrallibrary.ca/building-design/

http://catalogue-hrm.opendata.arcgis.com

https://www.arcgis.com/home/item.html?id=06f730e8e3d14365adb119842340e7c7